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Chroniques
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VISCUM ALBUM
(gui vert de pommier)

Le gui prend naissance dans les branches de nombreux arbres d’Europe, notamment le pommier, le peuplier, l’orme, le tilleul, l’aubépine et le chêne. Il forme des touffes arrondies les unes mâles et les autres femelles. Au sein de ces touffes, les feuilles sont opposées par paire en forme de petites langues vertes. Les fruits sont de petites boules blanches, à chair blanche gluante entourant la ou les graines. Des grives prennent ces petites boules dans leur bec et les frottent sur les branches en disséminant les graines de la plante loin du sol. Fameuse invention ! Lorsque les baies visqueuses du gui entre en contact avec la branche, la graine envoie en quelques jours une racine aplatie à son extrémité comme la trompe d’une mouche. Celle-ci transperce l’écorce et s’enracine fermement dans le bois de croissance de l’arbre à partir duquel le gui a la possibilité de choisir et de s’approprier pour son usage, les sucs adaptés à sa subsistance. Le gui contient deux fois plus de potassium et d’acide phosphorique que le bois parasité. Les feuilles sont riches en magnésium et en manganèse. Le gui est un donc un inventeur, un improvisateur. À quoi s’accroche-t-il ? À sa liberté ! Il fait en hiver ce que les autres plantes font en été. Les feuilles ne sont jamais aussi vertes qu’à la période des gelées. Le gui représente l’espoir d’une nouvelle vie. Chez les celtes, au solstice d’hiver (début de l’année solaire) un druide coupait le gui de chêne (le gui pousse généralement sur des bois tendres; le chêne étant un bois dur, le gui de chêne est plus rare) avec une serpe dorée et les boules de gui tombaient sur un drap blanc. Un assistant était alors envoyé pour annoncer aux populations le début de la nouvelle année. L’utilisation du gui comme décoration de Noël est une réminiscence de cette coutume. Les druides composaient une « potion magique » qui rendait les Gaulois invincibles. Le gui de chêne est le remède de la contestation de l’autorité du père et des chefs. Quand les Gaulois se réconcilient, quand ils sont unis, ils sont invincibles et aucune légion romaine ne les arrête. Le gui pousse dans les arbres parce qu’il refuse de se laisser prendre au piège. Dès qu’on lui retire sa liberté, il se sent parasité, dépossédé de lui-même. La liberté ne soufre aucune concession. Mais le gui ne met pas tous ses arguments dans le même panier, il choisit plusieurs arbres. 

Principaux constituants :

  • Amines : choline, acétylcholine, histamine, tyramine, ß- phénylamine.
  • Polypeptides : viscotoxine (mélange à propriétés cardiotoniques)
  • Flavonoïdes
  • Acides aminés
  • Dérivés du phénylpropane : syringine
  • Glycoprotéines

Parties utilisées :
La teinture mère est préparée à partir de la plante avec des baies.
Le macérat glycériné est préparé avec les jeunes pousses fraîches de la plante.

Indications thérapeutiques :

  1. Gemmothérapie
    Système cardio-vasculaire : le gui a une action anti-scléreuse.
    • Diminue la tension
    • Réduit le cholestérol
    • Athérosclérose
    • Dyslipémie
    • Hypertrophie ventriculaire
    • Surcharge cardio-pulmonaire (cœur pulmonaire chronique : problème cardiaque provoqué par une affection pulmonaire telle que l’emphysème, l’asthme, etc.).

    Système nerveux : épilepsie
    Système glandulaire :

    • Troubles de la ménopause : migraines, névralgies
    • Andropause

    Anti-spasmodique et anti-inflammatoire, il est actif sur la fibro-sclérose.
    Rudolf Steiner avait pressenti son action dans le cancer qu’il « enkyste ». Il est aussi utile dans les tumeurs bénignes à prédominance kystique.

    Système ostéo-articulaire :
    • Calme la sciatique
    • Améliore la souplesse des articulations
    • Rhumatismes goutteux
    • Arthrose (propriétés diurétiques marquées)

    Système respiratoire :
    • Emphysème
    • Asthme cardiaque

    Système uro-génital : ménorragie (le symbolisme du gui est fortement associé à la lune et donc à la femme !). Diurétique.

  2. Phytothérapie 

    Système cardio-vasculaire : 

    • Activité hypotensive : due à la présence d’amines, des dérivés phénylpropane et des flavonoïdes. On suppose que ces substances stimulent le parasympathique et diminuent la résistance périphérique par vasodilatation. Les symptômes associés à l’hypertension, tels les céphalées, les vertiges et les douleurs péricardiques, sont améliorés. Ces propriétés en justifient l’utilisation à la ménopause, dans l’artériosclérose et en gériatrie.
    • Les macérés à froid (les principes actifs du gui sont sensibles à la chaleur), administrés par voie parentérale, montrent une activité de type digitalique (viscotoxine).

    Système rénal : le gui renforce la diurèse et favorise l’excrétion d’urée.
    Carcinomes : certains auteurs conseillent l’administration parentérale du gui comme traitement prophylactique, thérapeutique et post-opératoire des carcinomes.

  3. Homéopathie

    Remède d’action limitée : épilepsie, hypertension, cancer

    • Épilepsie, obsession, vertiges : aura sous forme de chaleur montant des pieds à la tête et suivie de vertiges
    • Hypotension brutale. Bradycardie, bradyarythmie, fibrillation
    • Cancer : uniquement par voie parentérale (voir phytothérapie)

    Posologie :
    Teinture mère : 30 gouttes, 3 fois par jour, pour un adulte.
    Macérat glycériné D1 : 50 gouttes, 3 fois par jour.
    Effets secondaires : l’ingestion orale prolongée de gui est exempte d’effets secondaires.

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